Le lâcher-prise

On voudrait lâcher mais ça ne lâche pas.

On pense avoir lâché mais la prochaine situation nous embarque.

Et c’est normal.

Car la prise est une tension, et nos tensions sont des défenses.

Comment pourrait-on vouloir lâcher une protection ?

Quelle idée folle de penser que nous pouvons sciemment décider d’enlever quelque chose qui est en train de nous sauver la vie !

La prise est une réponse au danger.

Le corps a une mémoire, et nos expériences sont stockées dans nos muscles, nos tissus, nos cellules.

Nous devons apprendre à sentir la réaction, le mécanisme, l’automatisme de la prise.  

 

Il n’y a pas quelqu’un qui doit lâcher-prise.

Il y a seulement quelqu’un qui tient.

 

Le lâcher-prise, lui, est sans effort.

 Nous ne lâchons pas. Ça lâche.

Ça lâche quand on n’a pas décidé que ça lâche.


Ça lâche quand ce qui tient n’a plus besoin de tenir.

Quand chaque espace de tension, de peur, de résistance est vu, accueilli dans un espace tranquille.

Dans notre approche le lâcher-prise progressif est faux. Il est global, total.

Le lâcher-prise est organique.

Lorsqu’il est abordé de cette manière,

il devient une porte vers le présentement de la présence. 🧡


Peinture : Indie Condamin